SAP, un progiciel complexe ?

Vous avez probablement déjà lu sur le web la série « What if ….. made toasters … » consacrée aux leaders de l’informatique, si ce n’était pas le cas voici la partie consacrée à SAP :

What if SAP made toasters …
The manual to run the toaster would be approximately 10,000 pages long. The toaster would come with 2,500 switches which would all have to be set in an exact pattern and in a precise sequence in order to toast specific kinds of bread. Each pattern would be established by SAP’s experts as the Best Practices method of toasting that kind of bread. It would take a team of basis and functional contractors about 1 year to configure the toaster in the best manner, and then another 6 months to test it. In the mean time, your entire family would need to attend extensive training classes on how to use the new toaster. In order to support end users and consultants, MIT would establish a list-serv for people to post questions and answers regarding toaster set-up and operation. Of course, the online help would randomly pop up in German. But once it was running, you’d get the best toast in the world. By unknown author.
 Si l’auteur est inconnu, celui-ci connait cependant assez bien les ressources à mettre en œuvre pour implémenter SAP.  Ce progiciel est complexe, certes, mais à l’image des processus actifs dans une entreprise. Évoquons rapidement ce qui est couramment attendu d’un ERP dans le domaine ventes & distribution :
  • Les prix, remises, majorations, taxes, provisions devront être calculés suivant des règles imaginées par les responsables marketing ou directeurs des ventes qui se sont succédé aux manettes de la politique tarifaire de l’entreprise. Règles  réinterprétées au fil du temps en fonction de leur perception par le(s) marché(s), ce qui se traduit communément par un empilement d’exceptions et de cas particuliers.
  • Les produits vendus devront ensuite être expédiés à partir d’un site de stockage. Rien de plus simple … si ce n’était les caractéristiques propres au produit, boite de conserve ou wagon de métro; les particularités de chaque entrepôt, les techniques de prélèvement, d’emballage, de marquage; les modes de gestion du transport; et cerise sur le pudding, les documents de livraison, de transport et d’export formatés en fonction du pointillisme propre à chaque douane à passer.
  • La facture sera dans certains contextes un outil de communication, ce qui se traduit généralement par une mise en forme pointue souvent peu compatible avec la ‘richesse’ des éléments de prix décrits plus haut. Dans certains pays cette facture n’aura de valeur probante qu’après avoir transité par un système tiers agréé d’authentification. Elle se déversera enfin dans le système financier selon un mille-feuilles de règles aptes à satisfaire comptables et contrôleurs de gestion.
  • Tout ceci se déroule dans un monde où les outils de communication sont multiples. Les commandes seront intégrées à partir d’un fichier Excel, de messages EDI, d’un site de vente en ligne ou de caisses sur les points de ventes. Tous les intervenants de la chaine logistique échangeront également afin de planifier, ordonner, confirmer, informer. De la même manière les factures remonteront les flux ayant donné lieu aux commandes et alimenteront des systèmes tiers … ou pas, BW par exemple.

Il ne s’agit là que d’un pale échantillon destiné au lecteur peu habitué au monde de l’entreprise … française, oui la France est à classer dans la catégorie des pays du sud, en opposition à ceux du nord réputés faire simple et efficace.

Oui SAP est complexe parce qu’enrichi depuis 30 ans par les milliers de développeurs de Walldorf et des SAP Labs afin de coller aux besoins et aux modes des époques traversées, afin d’intégrer en standard des domaines d’activités de plus en plus nombreux. Cette complexité est essentiellement due à la richesse du produit, si la base technique subit des révolutions, seules des évolutions altèrent l’interface de paramétrage ou d’administration.

L’apprentissage de SAP, que ce soit au niveau utilisateur, consultant ou administrateur s’apparente à l’étude d’une langue étrangère. Les débuts sont toujours un brin difficiles, puis vient une certaine aisance et ce n’est que plus tard que l’on prend conscience des  ressources quasi infinies disponibles sous la souris. La documentation n’étant qu’une frêle bouée, c’est la curiosité et la ténacité qui permettront de rester à flot.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.